Je chante Nino

Les faits ne sont plus qu'externes.

J'entre dans les flancs.

Le ciel n'est rien.

Loin.

Les draps boudent.

Il y a peut-être un jardin qui fait son torse.

La treille est à la taille.

Et la terrasse vogue.

J'ai une peau qui ne contient que des vagues.

Mon corps entre en décroisade.

Rien ne pleure depuis la lumière.

Je peux être cette main, ce pied.

Je suis à quatre pattes.

Je deviens un nourrisson diffusé.

Je tourne dans la chambre blanche.

Je suis le premier.

Je suis le dos.

Je suis l'avant.

Je ne sais pourquoi ces nuages sont mon grand-père.

Toutes ces déformes dans le tendre, l'aimant, le vif, le mélancolique, la force.

Les premiers beaux jours ont toujours raison.

Les nuits sont leurs veuves.

Sourire sur la jetée, sourire sur les astres, sourire sur les nids.

Je n'ai pas peur de ne plus.

Je me prouve encore.

Et c'est bon.

Il y a bien ce décompte.

La suite des secondes en bleu de messe.

Mais c'est un calcul pour les autres feux, les ordres, les narrations rassurées.

Et puis rester me murmure.

je reste au ventre.

je reste au coeur de mes escadrilles.

Je reste ce vieux mythe et tout autant la première des cellules.

ça ne m'aura pas.

Je suis désir.

Je chante.

C'est cette belle chanson de Nino Ferrer.