Comme une cape sur l'épaule

Les soirs renouvellent la Vie.

Je marche bien moins que ce verre de rouge à la main.

Je flotte sur le rebord des destins.

La nuit ne veut pas l'appel.

Mais on s'en fout mes pieds et moi.

On en connait un rayon, un angle, une trace.

Le gazon on connaît bien l'erreur.

On rejoint la salive et on arrête et on accueille tout.

Et ça me ressemble et me rassemble.

C'est l'effet des herbes folles et réussies. Des pierres et des escargots comme des tziganes.

Alors Je monte savamment au défilé.

Il n'y a plus d'émotion qui fige.

Je marche au principe de vie tout autant que de mort.

J'ai passé l'âge des doutes de façades.

Je marche sur la pointe de l'herbe.

Je marche dans mon oeil comme un rongeur.

Je marche sans suite et sans commencement du drap.

Je marche de m'arracher.

Je marche parce que c'est la condition.

Je n'ai pas besoin de religion pour rompre mon pain.

Le pain c'est mon carré.

Je bois les sangs divers.

Je cours à l'arrêt.

Je m'amuse bien.

Parfois c'est si facile.

Et j'attends les suites qui sortiront de mes doigts et toutes les autres que je ne comprendrais pas.

Je suis le mystère comme une cape sur l'épaule.

La première étoile.

La dernière gorgée.

La fatigue des bébés.

La lueur lasse d'alerte.

Le constat de la promesse.

J'aimerais toujours être aussi.

Mais je ne suis qu'un homme.